Préparer ou perfectionner aux métiers de l’accompagnement, du conseil et de la formation

Process Communication et Analyse Transactionnelle

Les types de personnalité en perspective 2/2

Se connaître pour changer notre rapport au monde, Jean Luc Monsempès

Dans la première partie de l’article "Les types de personnalité en perspective" nous avons porté notre attention sur les différentes dynamiques qui animent un individu. Nous ne sommes pas fait d’un bloc, nous sommes des être multiples et fragmentés, « habité » par différentes présences qui selon les situations peuvent être des éléments de facilitation ou de limitation à la réalisation de nos buts d’humains.  Ces différentes présences en nous ont des âges différents, des talents différents, des motivations et croyances différentes, des niveaux d’énergie différentes et sont auto-organisées dans le sens ou elles poursuivent chacune leur propre but. Ces présences en nous s’activent lorsqu’il s’agit d’interagir avec le monde en quête de satisfaction d’un ou plusieurs besoins psychologiques spécifiques et de la réalisation d’ambitions personnelles. Ce besoin et ce fort attachement à quelque chose qui vient du monde extérieur définissent ces présences en tant qu’égos. En prenant l’exemple du modèle de la Process Communication de Taibi Kahler, nous avons vu que les types de personnalités sont en mesure d’établir des relations diverses allant de la collaboration à la confrontation.  

Nous avons également considéré les risques qu’il y a à réduire une personne à un type de personnalité ou même à un ensemble de types de personnalité. La création de catégories telles que les types de personnalités/égos résulte de constructions mentales. Doté des fonctions du langage, de la logique et de la linéarité, notre intelligence cognitive est capable de délimiter, séparer, séquencer, hiérarchiser, étiqueter, explorer le passé ou le futur, et figer les significations données aux expériences. Ce mental peut être source de talents mais aussi de stress inutiles et inefficaces, lorsqu’il se coupe des ressources du corps ou de notre intelligence somatique (Etat CRASH). C’est probablement la raison pour laquelle l’égo a bien souvent mauvaise réputation, et c’est certainement une erreur. Relié aux ressources du corps, notre mental est capable d’établir un état de centrage, d’ouverture et de connexions au vaste champ de ressources dont nous avons besoin pour actualiser les représentations mentales de qui nous voulons être dans le monde et ce que nous voulons y créer. Il y a donc deux formes d’égos : l’égo « égocentrique » qui se perçoit comme séparé d’un système plus vaste dont il se méfie, et il y a l’égo « Ethnocentrique » ou connecté à une énergie qui nous donne accès à un ensemble plus vaste et au service duquel il met ses multiples talents (Notre âme ?). Quelque soit le nom donné à ces différentes présences en nous (parties, aspects de nous, types de personnalité, égos) elles interagissent  sans cesse entre-elles pour le meilleur ou pour le pire. Pour comprendre leur mode de fonctionnement,  nous avons besoin de les observer non pas d’un point de vue statique mais dans une dynamique de changement.  C’est le seul moyen de savoir ce qui facilite ou s’oppose à la réalisation des buts humains. C’est ce que nous nous proposons d’aborder dans cet article. Ces présences sont comme une addition d’individus habitant le même espace, et ayant chacun des intérêts différents. Pour transformer une collection d’individus en équipe performante, certaines conditions doivent être réunies. Il convient d’avoir un leader capable de comprendre les intérêts individuels, d’établir une relation favorisant l’esprit d’équipe, et de fédérer les énergies dans la réalisation d’un but commun qui va au delà des simples ambitions individuelles et qui apportent une contribution à l’amélioration du monde dans lequel nous vivons. 

La métaphore d’une équipe de direction

A l’intérieur des frontières psychologiques d’une personne, les types de personnalité sont comme les membres d’une équipe de direction hautement spécialisée. Tous sont des top managers qui ont démontré leurs compétences ou qui ont été identifiés comme experts dans un domaine particulier. Des compétences dont l’entreprise peut avoir besoin à tout moment. 

Les conflits au sein de l’équipe

Les difficultés au sein du comité de direction viennent du fait que chaque manager considère que son expertise  a bien plus de valeur que celle des autres. Cela peut se manifester par des incompréhensions, des désaccords, des conflits. Pris individuellement, chaque manager apparaît profondément égoïste, centré sur la satisfaction de ses propres intérêts. C’est en quelque sorte chacun pour soi. Chaque manager a développé une expertise spécifique qui lui permet d’obtenir la plus belle des gratifications, à savoir la satisfaction de ses besoins et le sentiment d’exister, d’être important et d’avoir du pouvoir.  Et dans cette équipe, un ou deux managers (base et phase du modèle de la Process Communication) vont passer une alliance pour accaparer les gratifications par tous les moyens, même au prix de comportements non productifs, voire destructifs. 

Ceux qui ont pris le pouvoir rêvent d’autogestion, et considèrent pouvoir se passer d’un chef d’équipe. Ils y arrivent facilement en période de stabilité, car les routines comportementales du manager dominant (la base) sont suffisantes à la personne pour assurer l’intendance, ou maintenir une homéostasie. Pourquoi faire appels à de nouvelles compétences lorsqu’il s’agit de suivre toujours le même chemin. Les compétences des autres managers ne sont donc pas peu sollicitées. Ces managers sont comme mis au placard, voire interdits de participation aux réunions. 

Le leader apparaît en situation de crise

Ce fragile équilibre des pouvoirs au sein du comité de direction peut être bousculé brutalement quand la situation extérieure change. Les attentes du marché se modifient, les produits ou services deviennent obsolètes, un nouveau concurrent émerge, de nouvelles règlementations apparaissent. Un brutal changement de l’environnement invite l’équipe à redéfinir ses buts communs, pour vivre et continuer à prospérer. En situation de crise, l’expertise ou les stratégies que le manager utilise depuis si longtemps ne fonctionnent plus pour s’adapter à de nouvelles exigences de l’environnement. Les comportements de stress, voire les stratégies de survie (Attaque, fuite, sidération) apparaissent, aggravent la situation de blocage.  Désespéré, le manager va laisser son collègue le plus proche prendre l’initiative. Si ce collègue va ajouter ses propres compétences à celles du manager principal, il ajoute aussi ses propres exigences en termes de gratifications, et aussi ses propres processus de stress. Il en résulte parfois une amélioration, parfois une aggravation de la situation de l’équipe. La crise est aggravée par l’absence de réactivité des managers qui n’ont pas pour habitude d’être sollicités et n’ont pas eu depuis bien longtemps l’opportunité de montrer leurs expertises. 

Dépassés et incapables de solliciter les compétences de l’ensemble des membres de l’équipe, les managers qui ont pris le pouvoir continuent à faire plus de la même chose. Des réponses inadaptées ne font qu’accélérer la faillite de l’ancien projet de l’équipe. Un projet parfois si ancien qu’il a été complétement oublié. Ce qu’aucun membre de l’équipe n’ose dire mais qui est pourtant implicite, c’est la nécessité de faire rapidement appel à un leader, c’est-à-dire quelqu’un capable de créer une équipe soudée au service d’une performance collective. S’il fallait faire un descriptif des actions prioritaires attendues (1) pour remettre l’équipe en marche, il serait le suivant : 

  • créer un cadre de sécurité psychologique dans lequel chacun peut se sentir vu, accueilli, écouté, reconnu dans son individualité et ses compétences et dans lequel chacun peut s’exprimer librement l’appréhensions d’être jugé ou rejeté,
  • définir de façon claire les rôles et objectifs des membre de l’équipe pour responsabiliser chacun sur ses propres priorités et prévenir les inutiles chevauchements de territoires qui sont bien souvent des sources de conflits.
  • aider chaque membre de l’équipe à définir l’importance de sa fonction, à acquérir le sentiment qu’il exerce une activité qui fait sens pour lui et lui donne le sentiment de progresser, évoluer et grandir.
  • exprimer une vision qui donne à chaque membre de l’équipe l’envie de se dépasser et donner le meilleur de lui même pour contribuer à la réalisation de quelque chose qui dépasse les seuls intérêts individuels (ceux de l’égo), qui contribue à améliorer le monde qui nous entoure, et qui mobilise et inspire l’action collective. 

Qui peut être le leader d’une équipe interne ? 

Qui est en mesure de remplir ce rôle de leader ?  Qui peut être le chef d’orchestre des diverses forces qui habitent en vous et vous animent ? Les managers internes (types de personnalité) ont des fonctions trop spécialisées pour être des leaders. Votre âme (nature profonde) a des qualité d’ouverture, de connexion et d’intégration (voir état COACH) mais n’a ni attentes particulières, ni soucis de performance. Le leadership est une aptitude qui s’articule autour d’un mélange des diverses compétences (par exemple celles des types de personnalité) et d’un état d’être (celle de l’âme). Cette aptitude n’est pas innée mais se construit. Si le leader a besoin de prendre de la hauteur, c’est pour avoir une vue d’ensemble des parties prenantes et définir une direction, passer devant pour éclairer le chemin à ceux qui suivent. Et quand le leader apparaît, les forces en présence s’accordent pour le suivre. Voici des compétences qui nécessitent un niveau élevé de conscience humaine. 

Le leadership passe tout d’abord par le leadership de soi, c’est-à-dire la capacité à mobiliser et faire coopérer les forces diverses et multiples en nous vers un but commun. La capacité à accorder l’expression parfois discordante des voix intérieures qui traduisent les désirs et peurs de nos Managers/égos/types de personnalités. Le seul leader possible est vous-même en tant que conscience ou pur esprit, conscience de ce qui se passe en vous et des liens qui vous relient à un espace bien plus grand que vous. 

L’organisation stratégique des membres de l’équipe 

Nous avons donc maintenant une équipe au complet, prête à réaliser de grands projets.  

La performance de l’équipe ne peut dépasser le niveau de conscience de son leader

Le leader a un niveau de conscience suffisamment élevé pour percevoir les signaux subtils ou parfois intenses (stress, dépressions, burnout, maladies physiques…etc.) qui témoignent d’une inadéquation des réalisations d’une équipe interne par rapport aux changements de l’environnement. Le leader a un niveau de conscience suffisamment élevé pour formuler et exprimer la vision de quelque chose qui n’existe pas encore, donner à l’équipe interne la direction commune à suivre. Le leader a une conscience aigue des ressources qui vont lui faciliter la réalisation de ses nouveaux projets et sait y accéder au sein de l’équipe ou en dehors de l’équipe. Le leader a également conscience que seules les qualités de l’âme telles que définies dans l’article précédent, sont en mesure d’intégrer, connecter, aligner les membres de l’équipe et faire en sorte que chacun puisse donner le meilleur de lui-même.  Il reste maintenant au leader à organiser les ressources disponibles au sein de l’équipe de façon stratégique afin d’’être en mesure de faire face à de nouvelles orientations.

La définition des rôles et responsabilités 

Si le leader devait répartir les rôles des managers (types de personnalité) en fonction de leurs meilleures contributions à la réalisation d’un projet collectif, l’organisation stratégique pourrait, à partir du modèle TOTE de A. Galanter et G. Miller, pourrait être illustrée par le schéma ci dessous.
TOTE Personnalite1

Pour la redéfinition des buts : lorsqu’il convient de proposer de nouveaux buts, de nouveaux projets, quelque chose qui n’existe pas encore, le type de personnalité « Rêveur » de la Process Communication est certainement le plus compétent. Ses qualités d’introspection font de lui un observateur du monde qui l’entoure. Il sait créer les conditions somatiques (ralentissement, détente, quiétude…etc)  qui permettent à son imagination de fonctionner au mieux, à son vagabondage mental d’explorer les multiples hypothèses qui s’offrent à lui et de proposer des solutions innovantes. Dan un environnement qui ne respecte pas sa tranquillité, l’imagination, du Rêveur se transforme en agitation mentale paralysante et en passivité. Si le rêveur sait proposer des idées nouvelles, pour leur réalisation il devra passer le relais aux autres membres de l’équipe. 

Pour la redéfinition des opérations, quatre types de personnalité vont être sollicités : 

  • l’organisation du nouveau projet sera confiée au « Travaillomane ». Son sens des responsabilités, ses qualités d’anticipation et de planification lui permettent de clarifier, structurer une idée et de la transformer en plan d’action.  Quand il n’est pas reconnu pour l’efficacité de son travail, le Travaillomane devient moins efficace du fait de son perfectionnisme et de la surestimation de sa responsabilité dans le déroulement du projet. Il ne sait plus demander de l’aide, se noie dans les détails, sur contrôle et se critique et critique ses collègues.
  • La gestion des relations humaines sera confiée à « l’Empathique ». Il saura écouter, développer une ambiance de travail chaleureuse, et prendre soin de chacun. Quand l’Empathique ne se sent pas aimé et apprécié des autres membres de l’équipe, il va perdre ses capacités à s’affirmer, va chercher à faire plaisir à ceux qui ne lui ont rien demandé. Submergé par ses émotions et incapable de penser clairement, il faire de grosses erreurs.
  • La mise en œuvre (réalisation et promotion) du projet sera confiée au « Promoteur ». Par ses ressources inépuisables, sa facilité à convaincre et séduire, son gout de l’action et des challenges, il saura insuffler un haut niveau d’énergie et « booster » le projet.  Privé d’action et de sensations fortes, le « Promoteur » aura tendance à exploser et blâmer ses collègues de ses propres erreurs. 
  • La créativité sera confiée au « Rebelle ». Par sa capacité à penser de manière non conventionnelle et faire le lien entre des domaines de connaissance très différents, c’est un créatif hors pair. Dans une ambiance ludique, il saura résoudre bien des problèmes. Privé de contacts ludiques avec les autres membres de l’équipe, le « Rebelle » aura tendance à râler, se déresponsabiliser de ses propres manquements. 

Pour la redéfinition des preuves de qualité et de conformité, le « Persévérant » est certainement le plus compétent. Comme Sherlock Homes, il repère très rapidement les failles d’un système, les incongruences, ce qui fait que le projet ne peut pas fonctionner. Il sera en mesure de faire des critiques constructives permettant de renforcer la cohérence entre la vision innovante proposée par le Rêveur et les Opérations menées par le Travaillomane, Empathiques, Rebelle et promoteur.  Lorsqu’il n’est pas reconnu pour ses opinions, le « Persévérant » rigidifie ses représentations et ses critiques constructives deviennent des reproches permanents et des attaques contre tout ce qui n’est pas conforme à ses propres standards.

TOTE Personnalits2

Chaque membre de l’équipe joue un rôle important dans la réalisation d’un projet innovant, et ce projet sort des sentiers battus, il nécessitera des ressources qui ne sont habituellement pas ou peu sollicitées. Pour que chacun puisse donner le meilleur de lui même, des conditions de sécurité et d’acceptation inconditionnelles de chacun sont nécessaires. En l’absence de ces conditions de sécurité, chaque membre de l’équipe va montrer son côté obscur, ses comportements de stress et son pouvoir de résistance, de sabotage, voire de destruction. Alors comment créer ces conditions de sécurité. La satisfaction des besoins psychologiques peut y contribuer mais de façon brève. Car ces besoins sont comme une addiction, ils apportent une satisfaction brève et qui doit être sans cesse renouvelée. Une manière plus durable et inconditionnelle d’installer de la sécurité en soi, viendra de la capacité à passer de la séparation à la connexion à quelque chose de plus vaste que soi (des relations parentales ou amicales, la nature, la foi…etc). Tout individu, comme chaque membre de l’équipe interne peut être en mesure de se dépasser dès qu’il a le désir de participer à une cause qui le transporte, qui déclenche en lui le sentiment d’être plus vivant et relié à une profonde humanité universelle. Cette simple connexion à le pouvoir de relâcher et assouplir les représentations mentales figées de l’égo. 

Comme nous l’avons vu, la présence en nous capable d’accueillir inconditionnellement, d’intégrer, et connecter les différents membres de l’équipe (types de personnalité) est ce que nous avons nommé notre âme ou notre nature profonde. 

Conclusions

Le but de cet article était de proposer une vision élargie, intégrée et stratégique des types de personnalité que nous hébergeons en nous. Les types de personnalité sont des entités très spécialisées et auto-organisées, capables du meilleur ou du pire. Tout va dépendre du terrain cognitif et somatique dans lequel ils interviennent.
Dans un état de stress et de contraction neuro-musculaire, par exemple celui de l’état CRASH (Voir la première partie de l’article), les types de personnalité sont des entités séparés et figées dans représentations mentales et des comportements stéréotypés. Elles sont si focalisées sur le maintien d’une homéostasie qu’elles s’opposent à la réalisation de tout buts nouveaux car ces derniers sont perçus come dangereux. 

Dans un état de détente et de relaxation, par exemple celui de l’état COACH (Voir la première partie de l’article), les types de personnalité sont en mesure de donner le meilleur d’eux même car elles ont la capacité à se connecter à un espace plus grand ou elles seront accueillies et acceptées inconditionnellement. C’est la qualité de la présence humaine qui possède ce pouvoir de transformation.

Les types de personnalité ont un potentiel de créativité considérable, à condition d’être connectés, intégrés et orchestrés par la conscience de son leader. Le leadership de soi est la compétence à diriger sa vie et les types de personnalité sont en mesure d’y contribuer grandement.

Jean Luc Monsempès Juin 2018

Les types de personnalité en perspective -1/2

Se connaître pour changer notre rapport au monde, Jean Luc Monsempès

Le développement de soi passe souvent par la connaissance de soi avec la découverte et la compréhension des types de personnalité qui caractérisent chaque être humain, au travers de divers modèles (PCM, Ennéagramme, MBTI…etc..). Ces grilles de lecture de la complexité humaine permettent d’établir un inventaire des grandes tendances d’une personne en termes de capacités, motivations et modes de communication. En quelque sorte un bilan ou « état des lieux » des forces et faiblesses en présence chez une personne à un moment de sa vie.  Un bilan qui ne peut trouver son utilité que s’il sert une perspective de changement, d’accomplissement ou de développement de soi. Ce bilan commence par une compréhension systémique des différents types de personnalité avec lesquels nous cohabitons tout au long de notre vie. Au sein d’une même personne, les types de personnalité sont comme des entités hautement spécialisées ou des experts d’une équipe de travail. Ce bilan se poursuit par une compréhension des interactions au sein des ces divers types de personnalité et de ces dernières avec un système plus large. Selon l’ambiance de ces interactions, la diversité peut être source de chaos ou de grandes réalisations.En fin est ce bilanva se poursuivre par la recherche du leader susceptible de faire collaborer les différents membres,  et faire émerger l’énergie nécessaire à la réalisation d’un but commun. La première partie de cet article propose une vision intégrée et élargie des types de personnalité. La seconde partie recherchera à savoir comment ces différents types de personnalité peuvent s’organiser de façon stratégique et générative, afin de créer ce qui n’existe pas encore et la vie que vous souhaitez. 

Nous sommes des êtres multiples et fragmentés

Les outils de connaissance de soi (Process Communication, Ennéagramme,…etc.) reposent sur le modèle des parties. Nous se sommes pas fait que d’un bloc, et au même titre que nous possédons différents organes et viscères, chacun s’est doté d’un ensemble de « parties », « composantes » que nous appellerons « types de personnalité ».

Le système des parties de la PNL

Pour la programmation neuro-linguistique (PNL), les parties se définissent comme des états de la personne. Un état étant une configuration particulière de l’expérience subjective avec ses croyances, ses valeurs, des émotions et des comportements répétitifs adaptés ou non à la situation, et parfois même un processus d’identification aux caractéristiques clés de la partie « Je suis.. aimable, bosseur, créatif…etc..). Chaque partie possède ou a possédé une fonction positive (des valeurs ou une identité de rôle) à une période donnée. Lorsqu’elles sont détachées du contexte dans lesquelles elles ont été crées, les parties oublient parfois ce qu’elles étaient censées faire. D’autres parties continuent à fonctionner quand leur raison d’exister a disparu depuis longtemps, devenant un obstacle au fonctionnement actuel de l’individu.

Une partie s’active dans un contexte donné. En prenant le contrôle, une partie déclenche un comportement stéréotypé, automatique, qui peut être efficace ou limitant en fonction de la situation. Ces réponses comportementales peuvent limiter la personne par un manque de choix. Quand nous nous sentons coincés dans un dilemme, cela signifie que nous activons différentes parties de nous-même, chacune se positionnant selon des critères différents.

Pour Robert Dilts, chaque partie pourrait correspondre, d'un point de vue physiologique, à un ensemble de connexions neurologiques stables qui lui permettrait de fonctionner comme un ensemble de données ayant sa propre cohérence.

Sources et modes d’expression des types de personnalité 

Les types de personnalité que nous hébergeons en nous ne représentent donc qu’une « partie » d’un ensemble plus vaste. Si les sources de ces types de personnalité restent discutées, il semble qu’elles se constituent assez tôt dans l’enfance, autour de la recherche de réponses à des besoins psychologiques fondamentaux que sont des besoins de prévisibilité, de compétences, et d’acceptation. Le jeune individu accorde à la satisfaction de ces besoins le pouvoir de se sécuriser, de trouver sa place et réaliser ce qu’il souhaite dans le monde. Ces besoins fondamentaux vont par la suite se subdiviser en différentes catégories. Un type de personnalité est donc une construction du cerveau en réaction aux circonstances du moment.

Les expériences de satisfactions des besoins se déroulant de façon plus ou moins satisfaisantes, elle vont donner lieu à des croyances (et plus tard des valeurs) qui peuvent être facilitantes ou limitantes. Chaque type de personnalité est une composante (ou sous-système) d’un système plus vaste qui est celui de la personne complète avec ses propres buts, au-delà des buts propres de chaque partie. Un type de personnalité fait partie de nous, mais n’est certainement pas nous.

La réalité duelle de l’Ego et de l’Ame 

« L’ego dit: Quand tout sera en place, je trouverai la paix. L’âme dit : Trouve la paix, et tout se mettra en place ».

Pour Robert Dilts, nous sommes un assemblage de deux dynamiques complémentaires : celles de l’égo et de l’âme.  L’égo ne fait ici pas référence à Freud, comme l’âme ne fait pas référence à la religion.

Un égo séparé et isolé, en quête de satisfaction de besoins psychologiques

L’égo est synonyme de «petit moi» ou du «je». C'est la représentation que l'on a de soi-même, comme un tout séparé du système dans lequel nous vivons. L’égo est notre interface avec le monde, il nous permet d’interagir avec ce dernier. Les relations humaines s’effectuent par « ego » interposés. Dans l’égo, je me pense et me ressens comme un individu séparé, isolé et unique. Il est donc utile d’apprendre à prendre soin de soi et à profiter de ce que la vie peut apporter en termes de performance, statut, richesse. 
L’ énergie de l’égo vient de la satisfaction de ses besoins psychologiques et ces derniers sont conditionnées par la réalisation d’ambitions personnelles. L’égo attribue à ses réalisations futures le pouvoir de combler ses besoins psychologiques et de lui apporter la sécurité et le bonheur. L’égo a toujours quelque chose qu’il veut ou ne veut pas : plus d'argent, de santé, moins de maladie, plus de reconnaissance, de relation, de fun, d’amour et de relations…etc. En étant dans le désir ou le besoin, il s'attache à un résultat tangible.

L’aspect positif de cette quête permanente de satisfaction des besoins psychologiques, c’est qu’elle s’accompagne du développement de qualités, capacités et points forts spécifiques. L’égo est guidé par la peur, car il considère que si ses besoins  ne sont pas ou plus satisfait, il risque de ne plus exister et disparaître… puisqu’il n’y a plus rien à mettre à la place et qu’il est un système fermé. Les moteurs de l’égo sont donc la survie, la recherche de reconnaissance et l’ambition.  Du fait de leurs orientations sur la satisfaction de leurs besoins psychologiques, les types de personnalités sont fortement liés à l ‘égo. 

Une âme ouverte et connectée,sans atentes du monde extérieur

L'âme est souvent synonyme de  « nature profonde ».L’âme est  la représentation et la conscience que l’on a de soi comme un système ouvert, un tout faisant partie de quelque chose de plus grand que soi, une famille, une communauté, une culture, une religion, la nature, la planète. Avant la construction de son/ses égos, le nourrisson n’a pas encore établi de frontières entre lui, les autres et le monde. Il fait partie intégrante du monde. Il exprime âme par de l’amour, de l’émerveillement, de la curiosité, du rire, une soif d’apprendre, de la détermination…etc. L’état d’être de l’âme ne dépend pas de la satisfaction de besoins psychologiques particuliers, mais d’une profonde connexion à soi et au monde. 

L'âme n'a pas d’attente du monde extérieur et ne s'attache pas à la réalisation d’un résultat tangible. Ce qui l'intéresse est l'expérience immédiate, l'évolution de sa conscience vers la personne qu’elle est réellement et le monde auquel elle appartient. L’âme a conscience de ce qui pourrait être changé dans le monde (Vision) et de sa contribution potentielle à la réalisation de cette vision (Mission). Son niveau de conscience lui donne la possibilité de choisir les talents et ressources présent au sein des différents types de personnalité/égos. Le sens de la vie vient de sa mission personnelle et de sa contribution à ce quelque chose de plus grand que lui. L’âme est en mesure d’inclure et transcender les qualités de l’égo (ou les égos). 

Niveau de processusL'égo comme un tout séparéL'âme comme un tout intégré
  Dépendant de besoins psychologiques Indépendante de besoins psychologiques
Esprit Tourné vers la réalisation d’ambitions (statut, performances pour soi) Tourné vers la vision de ce qu’on souhaite voir dans le monde (pour les autres)
Identité Identité de rôle avec tâches prescrites Mission et contribution au monde
Croyances et valeurs Permissions et autorisations Motivation et inspirations
Capacités Stratégies et intelligence intellectuelle Energie et intelligence émotionnelle
Comportements Réactions avec recherche de réponses appropriées à l’environnement Proaction et prises d’initiatives
Environnement Recherche de sécurité face aux dangers Ouvertures aux options et opportunités

Les différences entre Ego et âme. Adapté d’après Robert Dilts

Pour des courants spirituels tels que le Bouddhisme, l'égo constitue la représentation fausse, constituée de souvenirs et d'expériences, qu'un individu se fait de lui-même. Cette représentation masquerait la vraie nature de l'homme (âme). Les personnes enfermées dans la confusion entre l'ego et leur vraie nature seraient privées d'une vraie liberté et resteraient enchaînées à des schémas de souffrance (égocentrisme, orgueil, vanité, amour-propre, « perception erronée du monde »). Dans cette conception il devient important de se libérer de l’emprise de son égo, ou même « dissoudre l’égo » par diverses méthodes, afin de connaître l'éveil spirituel. 

Dans une vision plus occidentale, des relations harmonieuses peuvent exister entre les deux aspects d’une réalité duelle, l’âme et l’égo, car ces deux forces peuvent très bien coexister de façon harmonieuse, équilibrées et alignées. L’égo cherche à profiter de la vie et de ce qu’elle peut apporter comme source de satisfaction (statuts, argent, réalisations matérielles…pour soi), ce qui est bien légitime. Mais la seule réalisation des ambitions de l’égo, sans prendre en compte la fonction de l’âme, peut générer un sentiment de durable de manqueavec la recherche de compensations à ce manque (travail, alcool, drogue, TV, réseaux sociaux…etc.) et l’apparition de nombreux problèmes de santé. Par son niveau d’ouverture au monde, l’âme  consciencede ce qui pourrait s’améliorer dans le monde et de la contribution qu’elle pourrait y apporter. Mais sans la collaboration des ressources et talents de l’égo, elle reste figée dans le rêve, l’inaction et la passivité.  

Einstein disait « Un être humain fait partie d’un tout qu’on appelle univers, mais l’être humain est une partie limitée dans le temps et l’espace, et cette limitation crée une distorsion dans notre conscience, ce qui fait que nous vivons comme séparés du reste ».

Cette illusion de la séparation nous amène à ressentir de l’affection de façon sélective, pour  soi ou quelques proches. Einstein nous invite à nous libérer de cette prison de la séparation, pour élargir notre cercle d’affection et compassion à l’ensemble de la nature et l’humanité toute entière.

Pour Robert Dilts, les facteurs clé de joie et réussite durable sont d’une part l’alignement de ces deux niveaux de pensée, l’égo et l’âme, et d’autre part l’équilibre entre les deux aspects d’une réalité duelle que nous vivons. 

L’alignement de l’âme et l’égo signifie mettre les talents et réalisations de l’égo au service du niveau de conscience élargie de l’âme, c’est-à-dire au service de quelque chose de bien plus grand que soi. Si la richesse peut être source de plaisirs éphémères, mais probablement pas de bonheur durable. Par contre la richesse permet de faciliter grandement les réalisations qui contribuent aux améliorations sociales, sociétales et environnementales du monde.  Les plus grandes sources de joie viennent du sentiment de pouvoir donner et contribuer à un monde meilleur, et du sentiment de gratitude des cadeaux que la vie nous apporte. Don et gratitude présupposent l’existence d’une dynamique ouverte et connectée au monde qui nous entoure. L’intelligence intellectuelle et émotionnelle, la passion, et la générativité émergent  naturellement quand ces deux forces sont alignées. L’équilibre entre égo et âme signifie satisfaire en même temps nos ambitions personnelles et une contribution à l’amélioration du monde. La capacité à porter tout cela simultanément est la caractéristique des personnes des génies. 

EGO AME

L’équilibre entre âme et égo signifie l’absence d’exclusion. Exclure des aspects de l’âme ou l’égo conduit à des problèmes tout à fait prévisibles. L’exclusion des besoins de repos de son corps, ou des besoins de reconnaissance de son mental, prépare le terrain du burnout. L’exclusion des attentes de sa famille favorise un divorce. L’exclusion des besoins de la nature, peut entraîner sa destruction. L’invitation est d’agir localement avec son égo/type de personnalité pour satisfaire ses propres besoins et de penser globalement avec son âme aux conséquences de nos modes de vie.

L'auto-organisation et la spécialisation des types de personnalité

L'auto organisation des types de personnalité

Au sein de l’enveloppe psychique d’une personne, chaque type de personnalité constitue un sous système structuré et autonome, c’est-à-dire auto-organisé pour satisfaire ses propres besoins psychologiques, pour réaliser des buts qui lui sont spécifiques. Contrairement au monde mécanique, le monde du vivant (végétal ou animal) est auto-organisé dans le sens ou le système contient ses propres finalités. Vous n’avez pas à dire à une plante ou un animal ce qu’il a à faire. Chaque type de personnalité est aussi un système auto-organisé puisqu’il a sa manière bien particulière de donner du sens à son existence, par exemple par les tentatives de réponses à la question existentielle. Dans sa formulation « Suis-je…etc..) la question existentielle est une question identitaire. « Suis-je conforme à un cahier des charges prescrit par le monde extérieur (environnements, comportements, capacités, croyances et valeurs), pour être la personne que je crois vouloir être pour trouver ma place dans le monde ? » Les environnements (humains et matériels) recherchés par chaque type de personnalité, les comportements exprimés, les stratégies mentales (points forts et capacités) développées, les croyances et valeurs qui autorisent et motivent les capacités et comportements, toutes ces composantes de l’expérience subjective sont orientés vers les tentatives de réponses aux questions existentielles.

Types de personnalitéQuestion existentielle (Modèle de la Process Communication)
Empathique Suis-je assez aimable ?
Travaillomane Suis-je assez compétent ?
Persévérant Suis-je digne de confiance ?
Rêveur Suis-je voulu ? ou Ai-je ma place ?
Rebelle Suis-je acceptable avec ma différence ?
Promoteur  Suis-je vivant ?

Les modes de communication internes et externes des types de personnalité

Au sein de l’enveloppe psychique d’une personne, les types de personnalité interagissent constamment de façon dynamique, pour s’allier et coopérer, s’ignorer ou se combattre. Les relations peuvent se reconfigurer sans cesse en fonction des situations et dans des combinaisons à deux ou trois. Un type de personnalité peut vouloir prendre le pouvoir et mener sa vie propre en occupant tout l’espace mental disponible, parfois en excluant ou bannissant un ou plusieurs autres types de personnalité. Il peut établir des relations fonctionnelles avec certains types de personnalité et très dysfonctionnelles avec d’autres. 

Ces notions de communication internes entre types de personnalité vont déterminer la nature des relations qui vont s’établir avec le monde externe. Rappelons que nos égos/types de personnalités sont nos moyens d’établir des relations avec le monde. Les types de personnalité acceptés et valorisés chez une personne sauront rentrer en résonnance avec les mêmes types de personnalité chez d’autres personnes. Inversement, ce que je n’aime pas chez l’autre me parle des mauvaises relations avec ce même aspect chez moi. Ce qui est détesté en l’autre évoque probablement un type de personnalité peu valorisé voire exclu en soi. Plus les relations sont harmonieuses entre les différents types de personnalité au sein d’une même personne, plus elles seront harmonieuses avec les mêmes types de personnalité présents chez les autres. Faire la paix avec les autres nécessite de faire la paix en soi. Et nous verrons comment faire un peu plus loin. Pour citer Richard Moss « La distance entre nous-même et les autres est la même que la distance entre nous-même et nous-même. »

Comment expliquer qu’à l’intérieur de soi les types de personnalité établissent des relations harmonieuses, conflictuelles, ou même d’exclusion ?. Cela s’explique probablement par le fait que chaque type de personnalité cherche à se développer, à exprimer son talent, son plein potentiel en tant qu’entité séparée (ni connecté aux autres types de personnalité, ni au potentiel d’intégration de l’âme) et par la seule satisfaction de besoins psychologiques qui seront parfois perçus comme divergents ou incompatibles entre eux. Comme si les intérêts de l’un rentraient en conflit avec les intérêts de l’autre. Les conflits entre parties naissent quand dans un même cadre de temps et de lieu, les deux parties veulent satisfaire des besoins différents voire en polarité. Comment peut-on en même temps satisfaire des besoins de relation et de solitude ?. Comment en même temps satisfaire des besoins de liberté en transgressant les règles, et des besoins de normalisation en fixant des règles ? Au delà des incompréhensions, les conflits internes peuvent parfois paralyser l’ensemble du système.

La spécialisation extrême des types de personnalité

Comme la satisfaction des besoins physiologiques (boire, manger, dormir….etc..) conditionne notre état physique, la satisfaction des besoins psychologiques conditionne notre équilibre psychologique. Et dans les deux cas la non satisfaction des besoins est préjudiciable à notre survie et à notre développement.  Le besoin peut être parfois interdit ou réprimé par un autre type de personnalité, ce qui peut avoir des conséquences parfois lourdes en terme de santé. Le besoin peut être contrôlé et partiellement inhibé.  Vous pouvez facilement imaginer ce qui va se passer pour une personne assoiffée ou affamée. Elle est prête à manger ou boire n’importe quoi, voire des nourritures avariés ou des boissons toxiques ou polluées. Il en est de même des types de personnalité. Pour satisfaire sans restriction ses besoins psychologiques, un type de personnalité va mettre en œuvre des comportements dont la répétition va donner naissance à des savoirs faire ou expertises hautement spécialisés. Un type de personnalité dont les besoins psychologiques sont réprimés ou censurés, va montrer des signes de stress et des comportements négatifs. Si cette carence s’installe dans la durée, elle peut être source de  problèmes de santé physiques et mentaux.

Chaque type de personnalité porte en lui, en fonction du degré de satisfaction de ses besoins psychologique, un potentiel de compétences et talents spécifiques comme un potentiel de comportements négatifs dont la reproduction mène à des situations d’échecs. Chaque type de personnalité est en mesure d’exprimer son côté brillant et lumineux comme son côté sombre et « obscur de la force ». Le potentiel de compétence de chaque type de personnalité illustre le présupposé de la PNL selon lequel « nous avons en nous toutes les ressources dont nous avons besoin pour réaliser nos objectifs ». 

 Types de personnalité            Points forts 
 Empathique   Chaleureux, sensible, compatissant                          
 Travaillomane                Logique, responsable, organisé
 Persévérant  Engagé, observant, consciencieux
 Rêveur  Immaginatif, réfléchi, calme
 Rebelle  Créatif, ludique, spontané
 Promoteur  Chrmeur, convaincant, adaptable 

Les points forts des types de personnalité selon le modèle de la Process Communication

L’ensemble des ressources disponibles représente le potentiel d’adaptation d’une personne au cours de sa vie. Une personne qui aurait développé les talents de l’ensemble des types de personnalité au sein de soi serait presque 100 % adaptable. Maintenant nous savons aussi que du fait des relations établies entre types de personnalité au sein d’une même personne, certains types de personnalité seront plus ou moins développés ou musclés que d’autres. Cette diversité peut donner naissance à des réalisations tout à fait exceptionnelles ou à des situations chaotiques ou destructives. La différence qui fait la différence tient au leadership de soi et la capacité à intégrer et porter en même temps des forces différentes voire contradictoires. 

Les conditions qui perturbent une homéostasie interne

Dans un environnement stable, un équilibre peut s’établir au sein des relations entre les types de personnalité. Après tout, un environnement relationnel stable ne sollicite qu’un éventail restreint de compétences donc de types de personnalités. Si certains types sont très sollicités, d’autres restent en sommeil ou même sont exclus ou refoulés. Même s’il n’est pas équitable, cet équilibre fonctionne. Ce fragile équilibre interne est chamboulé par les modifications de l’environnement, que ce soit de façon volontaire ou non. La personne peut être confrontée à des situations difficiles pour lesquelles elle croie ne pas avoir de ressources. C’est par exemple le cas de changements subis tels que des ruptures de toutes sortes (maladies, divorces, licenciements, changements géographiques). Ou bien c’est le cas de changements souhaités, la personne se sentant appelée à changer volontairement certains aspects de sa vie (métiers, relation, territoire…etc.). Dans ces circonstances, les schémas habituels de fonctionnement des types de personnalité les plus souvent sollicités ne sont plus opérants et pour s’adapter à de nouvelles conditions de vie, l’individu doit nécessairement développer de nouvelles ressources ou compétences. 

Quand un type de personnalité dominant (la base selon le modèle Process communication) s’avère incapable de répondre de façon appropriée aux changements de situations, il va y répondre de façon négative en exprimant des stratégies comportementales de stress ou parfois de survie (Fight, Fly, Freeze, Fold). Il en résulte pour la personne, une situation de stress aigue et de souffrance. Un état de souffrance qui peut être considéré comme un manque de connexion aux ressources internes des autres types de personnalité, ou un manque de connexion aux ressources externes proposées par l’âme. Si cet état de souffrance se prolonge, un autre type de personnalité peut prendre le relais, en général celui qui occupe la deuxième place en termes d’importance ou d’énergie. C’est ce qu’on appelle un changement de phase dans le modèle de la Process Communication.

Cette mutation interne est comme le passage d’un modèle du monde à un autre : elle modifie notre façon de percevoir le monde, fait émerger de nouveaux besoins psychologiques, développe de nouvelles compétences et entraîne parfois chez la personne une réorganisation de sa vie personnelle ou professionnelle. Le type de personnalité dominant est comme amené à partager son pouvoir. Les changements (changement de phase) au sein de la dynamique interne de l’individu ne sont pas synonymes de réussite en termes  d’adaptations aux nouvelles conditions de vie. Tout va dépendre de l’aptitude du type de personnalité de phase à proposer des ressources pertinentes dans la situation nouvelle. Ce n’est pas toujours le cas, et bien souvent les ressources qui seraient en mesure de changer radicalement la situation sont entre les mains du type de personnalité qui a été marginalisé voire exclu du système interne. 

Le mauvais usage des types de personnalité

L’humain est un être multiple et le modèle des parties, quand il est illustré par les types de personnalité, donne un bon exemple de cette multiplicité.  La création de catégories concernant le mode de fonctionnement de l’humain permet de comprendre la complexité humaine, d’agir dessus mais aussi parfois de la réduire de façon excessive. Ces catégories créées par les types de personnalité sont des cartes mentales du fonctionnement humain, et comme nous le savons, les problèmes commencent quand nous confondons la carte et le territoire.  Et certaines personnes vont facilement s’identifier à ce qu’ils pensent être. La carte des types de personnalité est comme une radiographie du corps humain. Une personne ne peut se réduire à sa radiographie. La radio donne une vue statique du corps. Les différentes parties  du squelette sont visibles et mesurables, ce qui n’est pas le cas des parties molles  (muscles et viscères). Par contre ce qui anime la personne dans sa vie, ce qui donne une direction à la vie de la personne, au-delà de ses différentes composantes, reste totalement invisible car n’appartient à aucune catégorie. Hors ce n’est pas parce que ce n’est pas visible de l’extérieur que cela n’existe pas. De quoi parlons nous exactement ?.  Nous parlons de ce que nous sommes au-delà des types de personnalité. Dans cette recherche du soi, les types de personnalité peuvent capter toute l’attention de la personne et nous détourner de ce que nous sommes au-delà des types de personnalité. Tout bilan, test, inventaire concernant les types de personnalité ne méritent pas le pouvoir qu’on leur attribue de nous dire qui nous sommes vraiment.  Car nous ne sommes ni un type de personnalité, ni un assemblage de types de personnalité. 

En tant qu’humain, nous sommes avant tout une conscience des forces qui nous animent et du monde dans lequel nous évoluons : 

a) Une conscience des types de personnalité/égos que nous hébergeons en nous, auxquels nous nous identifions bien souvent (le « Je suis est suivi d’un qualificatif »), qui sont sources de compétences pour interagir avec le monde, et dans lesquels nous nous réfugions pour satisfaire des besoins psychologiques fondamentaux et auxquels nous attribuons le pouvoir d’assurer notre survie. La peur de la non satisfaction des besoins psychologiques focalise l’attention et réduit grandement le champ de perception et l’accès à des ressources. Un type de personnalité séparé et isolé du système plus grand auquel il appartient est guidé par la peur de la non satisfaction de ses besoins psychologiques. Et cette peur est la source de nombreuses souffrances. Robert Dilts décrit l’état de stress et de manque par un état CRASH qui signifie Contractions, Réactivité Analyses paralysantes, Séparation, Hostilité. 

D’un point de vue physiologique, les comportements de stress des types de personnalité correspondent à une activation du système sympathique adrénergique. Plus ce système est activé, plus la personne va s’identifier à un type de personnalité, se séparant et s’isolant ainsi des ressources dont elle a besoin pour sortir de son stress. 

b) Une conscience d’une force en nous indépendante des types de personnalité. Une présence dont l’énergie et la survie ne dépend pas de la satisfaction de besoins psychologiques particuliers. Dépourvu de peur et de sensations de manque, l’âme est notre source infinie de calme, de joie et de sérénité. Robert Dilts décrit un état COACH qui signifie Centrage dans le corps, Ouverture à ce qui se passe en nous et autour de nous, Attention consciente et alerte, Connexion, Hospitalité et accueil de tout ce qui peut émerger en nous et autour de nous.

Ces caractéristiques autorisent un niveau de conscience et de perception bien plus large. Une conscience des interactions entre le corps et l’esprit et entre ce corps /esprit et un « champ » de ressources infini dans le monde qui nous entoure.L’expérience méditative de bien être de cet état COACH nous rappelle que nous pouvons vivre notre vie, sans être prisonnier de nos types de personnalité. Activé le plus souvent possible, cet état de ressource permet d’interagir avec le monde en faisant appel aux aspects positifs des types de personnalité. L’âme peut se définir par un « Je suis » qui n’a pas besoin d’objet du verbe pour exister. Les ressources sont accessibles de façon inconditionnelle. Pour le poète Rumi, l’âme est une « Maison d’hôte » toujours prête à accueillir, rassurer, ressourcer et guérir les parties de nous qui ont été exclues ou exilées.   

D’un point de vue physiologique, l’état de centrage, d’ouverture, d’attention alerte, de connexion et d’accueil de l’âme, correspond à une activation du système nerveux parasympathique ou cholinergique. 

COACH CRASH

Un juste équilibre entre les forces de l’âme et de l’égo, ou entre celles du système nerveux parasympathique (cholinergique) et sympathique (adrénergique) est donné par l’exemple d’une personne dont le « jeu intérieur » serait extrêmement détendu et le « jeu extérieur » très tendu vers la réalisation d’une performance. C’est typiquement la « zone d’excellence » des athlètes de haut niveau dont Usain Bolt a été un magnifique exemple.  Si vous voulez être un athlète des affaires en tirant le meilleur bénéfice des multiples talents et ressources de vos types de personnalité, vous avez un entraînement quotidien à réaliser. Sachez créer en vous une « maison d’hôte » ou un état COACH qui permettra à vos talents de donner le meilleur d’eux-mêmes. Sachez créer en vous un espace de détente et d’ouverture qui vous permettra à la fois de réaliser vos ambitions et de contribuer à l’amélioration du monde auquel vous voulez appartenir. 

A suivre….une vision stratégique des types de personnalité

Commentaires : ce texte représente un point de vue et en aucun cas le reflet d'un travail scientifique.

Références

Comment leur dire. Gérard Collignon InterEdition
Entrepreneur de la nouvelle génération. Robert Dilts