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Où allez-vous quand vous n’êtes plus chez vous ? par Jean Luc Monsempès

Dès que nous quittons le présent et notre centre, nous ne sommes plus « chez nous ». Nous confions alors la direction de notre vie à notre ego. Le désir, l’exigence, la comparaison et le jugement en sont les principaux témoins. Dans la première partie de l’article, “psychogéographie des émotions 1” nous avons vu que la nature des émotions ressenties dépend des pensées auxquelles nous nous accrochons en quittant l’ici et maintenant. Ces pensées suivent quatre grandes directions dont deux sont liées aux frontières temporelles (passé-futur) et les deux autres aux frontières de la position d’observation (moi/autre). Dans cette deuxième partie de l’article, nous détaillons le contenu des histoires que nous nous racontons, ses manifestations verbales et les émotions qui y sont attachées. Ces histoires ont un contenu et aussi une structure cognitive, des manières habituelles d’organiser la pensée bien illustrées par les méta-programmes de la programmation neuro-linguistique (PNL). Les méta-programmes sont nos grandes tendances cognitives et elles vont se manifester dans le langage au travers des différentes catégories du méta-modèle de la PNL

L’impact émotionnel des histoires que nous nous racontons

Notre dynamique émotionnelle est conditionnée par un programme cognitif qui a eu certainement sa raison d’être (une fonction ou intention positive) dans le passé puisqu’il nous a bien souvent procuré le sentiment de pouvoir exister dans des conditions perçues comme insécurisantes. Si les circonstances ont changé, les vieux programmes du passé ne demandent qu’à se réactiver en suivant un chemin cognitif si souvent fréquenté. La direction habituelle de la pensée va donc déterminer l’émergence d’une ou plusieurs émotions résumées dans le tableau ci-dessous.
Psycho-geo-des-emotions3

Les histoires de la position Passé

Définition : cette position est composée des histoires (croyances, émotions, comportements…etc.) que nous nous racontons à propos de notre passé ou du passé en général.

Fonction : pour fonctionner dans le présent nous avons besoin de garder un lien constant avec le passé. Tirer des leçons du passé est en effet essentiel à notre survie, à nos apprentissages et à notre développement. Les expériences du passé devraient dans l’idéal avoir pour fonction de gagner en sagesse et en humanité.

Exemple de pensées liées au passé : « J’aurais dû faire ceci…, il fallait faire ainsi…, qu’est-ce que je regrette ! » ; « je n’aurais pas dû faire ceci ou cela » ; « tu n’aurais pas dû faire cela ! » ; « Qu’est-ce que j’aurais dû faire que je n’ai pas fait ? » « Qu’est-ce que mes parents auraient dû ou n’auraient pas dû faire ? » Le méta-modèle de la PNL nous montre la richesse des omissions comparative et des opérateurs modaux de possibilité et nécessité.

Impact émotionnel : les blessures comme les joies du passé peuvent servir à rationaliser ou justifier ce que nous sommes en train de croire, de ressentir et de faire dans le présent, donc à interpréter notre présent. Cette projection positive ou négative du passé dans le présent aura dans tous les cas pour effet une altération ou une diminution de la qualité de présence dans l’ici et maintenant. Les histoires d’identification au passé concernent ce que nous regrettons ou désavouons et ce dont nous nous sentons coupables, honteux, nostalgiques ou fiers.

La nostalgie indique une identification exagérée au passé et dans laquelle rien ne semble aussi bien qu’une expérience du passé qui a été idéalisée.
La culpabilité indique que nous avons violé ou transgressé nos valeurs, et la honte que vous avons violé ou transgressé les valeurs d’autrui.

Les reproches témoignent de l’activation d’une croyance qui nous autorise à attribuer aux autres le pouvoir de nous faire sentir bien ou mal. Si l’autre se comporte comme nous le souhaitons, alors nous pouvons nous sentir bien.  Et dès que nous ressentons un inconfort, la cause ne peut être qu’extérieure à nous, donc chez l’autre. Pour celui qui ressent le stress, les questions de savoir si les reproches sont justifiés ou de leurs conséquences sur la relation, deviennent tout à fait secondaire. La notion de responsabilité personnelle est exclue, de même que les excuses. « Si tu n’avais pas fait cela, je ne serais pas aussi mal ». Les parents et les conjoints sont bien souvent les cibles privilégiées de ces reproches. Accuser ou agresser l’autre pour ce que nous éprouvons est une manière simple et sûre de protéger notre ego. En faisant des reproches nous devenons l’effet émotionnel d’une cause extérieure que nous ne pouvons atteindre, car elle est dans le passé et chez l’autre. Il y a parfois un sentiment d’impuissance qui peut conduire à la vengeance.

L’impatience, l’ennui, ou le sentiment que les choses traînent et prennent trop de temps signalent que nous vivons dans le passé. Ces ressentis constituent d’utiles défenses pour éviter d’avoir à affronter un profond sentiment de vacuité dans le présent.

Ressources : elles se trouvent dans le présent. Il convient de se centrer pour revenir au sentiment de sécurité qu’apporte le présent. Nous pouvons ainsi cesser de reprocher aux autres les sentiments dont nous souffrons, et commencer à assumer l’entière responsabilité de notre relation à notre ressenti. Nous pouvons alors exprimer ce que nous éprouvons et demander à l’autre de modifier son comportement, sans faire de reproche. Nous pouvons de plus découvrir que nos reproches viennent d’une peur très ancienne de ne pas être reconnu par un autre « significatif » de notre passé, de ne pas exister aux yeux de cet autre. Une peur qui n’a aucun lien avec ce que l’autre vient de nous dire ou de faire à cet instant, mais qui va redéclencher automatiquement un vieux système de défense qui fonctionnait si bien dans l’enfance.

Les histoires de la position Futur

Définition : cette position est composée de l’ensemble des histoires (croyances, émotions, comportements…etc.) que nous imaginons à propos de notre futur, en relation avec notre santé, nos relations, notre travail, nos finances et tous les aspects de notre vie, et des prévisions que nous faisons pour l’avenir de nos enfants ou des personnes que nous aimons.

Fonction : pouvoir se projeter dans le futur nous permet de savoir dans quelle direction orienter notre énergie et donner un sens à notre vie. Nous apportons ainsi des réponses à ce qu’est notre mission, notre ambition, notre vision. Ce futur nous permet de planifier, prévoir, anticiper. Il peut être source de dépassements, d’inhibitions ou de dépressions.

Exemple de  pensées : « je rêve de …, mon plan est de …, j’ai envie de …, j’ai l’espoir de…» « J’ai peur de ne pouvoir réussir …., je vais me planter… , je suis anxieux de… , j’appréhende de… ». Le méta-modèle montre une richesse de verbes non spécifiques et une grande taille de découpage.

Impact émotionnel : cette position concerne le futur souhaité (espoirs, rêves, plans) ou le futur appréhendé (peurs, anxiété, inquiétudes) ainsi que l’atmosphère émotionnelle que cela crée en nous. La dépression est associée à une orientation future (la réalisation de ses rêves) avec un sentiment d’impuissance du fait de la dévalorisation de soi. Dès que nous nous déconnectons de l’immédiateté du présent, et que notre mental fait inconsciemment le choix du futur pour s’évader du présent, nous employons l’énergie de l’espoir et de la peur pour rationaliser nos choix.

Ressources : elles se trouvent dans le présent. Il convient de se centrer pour revenir au présent et cesser d’attribuer aux événements imaginés dans le futur le pouvoir de nous faire souffrir, et de commencer à assumer l’entière responsabilité de notre relation à notre ressenti.

Les histoires du Moi

Définition : cette position est composée de l’ensemble des histoires (croyances, émotions, comportements…etc.) que nous nous racontons à propos d’un « moi » qui nous représenterait. Ces croyances résultent d’un processus d’identification à certains rôles (parent, enfant, patron, intellect, sportif, métier…etc.), à certains aspects de notre personnalité (voir les six types de personnalité de Taibi Kahler), à des valeurs (je suis un croyant, athée…etc.) ou des capacités (je suis un intellectuel, un humoriste…etc.) ou à une manière de faire (je suis un créatif, un fumeur, un incompétent…etc.). Les niveaux logiques de la pensée de Robert Dilts expriment bien ces différents niveaux d’identification. Ce « moi » est une fiction qui rassemble tout ce que nous pensons à propos de qui nous pensons être.

Ce « moi » est comme un grand sac noir qui rassemble tout ce à quoi nous nous sommes identifiés. Le noir du sac est une métaphore de ce qui est inconscient. La position « moi » est habituellement la plus inconsciente et la plus difficile à saisir, car nous nous sommes complétement identifiés avec ces constructions mentales très tôt dans notre vie. Nous pouvons être tellement ancré dans ce « moi » que nous ne réalisons pas que ce « moi » est juste une création de la pensée, séparé de l’expérience de qui nous sommes dans notre centre. Ce « moi » qui ne possède aucune réalité objective et qui raconte sans cesse des histoires à notre propos, possède pourtant le pouvoir de nous affecter au plan émotionnel et énergétique.

Fonction : ce « moi » est là pour tenter de nous percevoir et de nous définir d’une façon « objective et rationnelle», pour décider les frontières de ce que nous sommes et ne sommes pas, pour nous situer par rapport aux autres, pour définir ce dont nous cherchons à nous dissocier lorsque nous avons besoin de nous défendre de ressentis douloureux d’un présent dans lesquels nous avons peur de nous perdre.

Exemple de pensées : les croyances sur ce que nous exigeons pour exister. Par exemple : « je suis…je ne suis pas…. », « Je devrais être ainsi….je ne devrais pas être ainsi », « je dois ou ne dois pas…etc. » Ces pensées comportent les rêveries et fictions dans lesquelles nous nous imaginons de diverses façons. Les « omissions comparatives » se retrouvent sans les processus de survalorisation (« Je suis le meilleur, mes idées sont mes plus créatives, je suis invincible et un super-amant ») ou de dévalorisation (« je ne suis pas assez intelligent, séduisant, aimable, ambitieux, j’aurais besoin d’être moins… » « Je suis triste, fâché, engourdi, malheureux, coupable, honteux, blessé…etc »). Le langage montre que ces processus d’attribution d’une caractéristique particulière à ce « moi » sont généralisés et inscrits dans l’ADN psychologique d’une personne.

Impact émotionnel : les histoires du « moi » sont en rapport avec deux dynamiques fondamentales que sont l’orgueil (la glorification de soi, sentiment de supériorité et de toute puissance, la grandiosité, la suffisance, la vanité) ou la dépression (sentiment d’infériorité, la négation de soi, la mélancolie la tristesse). En croyant que nous sommes ceci ou cela, nous pouvons passer de l’exaltation à la dépression au gré des jugements nous concernant. Une survalorisation de nos forces peut nous amener à nous méfier de la douceur ou de la vulnérabilité. Une dépréciation du « moi » donne un prétexte pour ne pas s’exposer, adopter une posture de victime et refuser d’exprimer franchement nos attentes et désirs, ou de nous ouvrir à de nouvelles situations.

Ressources : accepter l’état présent car dans l’instant présent, nous « sommes comme nous sommes » et rien ne peut-être dit sur qui nous sommes en définitive.

Les histoires du Toi ou des Autres

Définition : cette position est composée de l’ensemble des histoires (croyances, émotions, comportements…etc.) que nous nous racontons au sujet des autres et de ce que nous croyons en percevoir de façon « objective et rationnelle ». Ce « toi/autre » est tout ce que nous percevons comme étant ailleurs, en dehors de nous. Il peut s’agir de personnes ou de choses (Diplômes, titre, statut, dieu, argent…etc.).  Ce que nous percevons de cet ailleurs est en fait une projection ou une extension de notre monde intérieur. La pensée est comme un film que nous projetons sur le monde extérieur au travers de nos organes sensoriels. Les caractéristiques attribuées aux autres ne sont que des projections de notre monde intérieur, des projections de nos forces et de nos défauts, des projections de nos attentes les plus folles et de nos terreurs les plus grandes. Nous sommes les scénaristes, les réalisateurs et les distributeurs de nos histoires intimes. Et nous exigeons bien souvent des autres de vivre en conformité avec notre propre film. Ce qui n’est pas conforme au film doit bien sur faire l’objet de censure. La pensée a bien souvent une fonction militante puisqu’elle cherche sans cesse à convertir tout ce qui l’entoure en une extension d’elle-même.

Fonction : ces pensées concernant l’autre permettent de nous définir par rapport à des normes extérieures. Ces pensées-projections nous empêchent de voir l’autre tel qu’il est, et donc de nous voir nous-même tel que nous sommes. Ces pensées permettent de contrôler les autres en cherchant leur approbation ou leur désapprobation afin de nous protéger de la peur de perdre un « moi » de survie auquel nous nous sommes tant identifiés. Cette stratégie de survie consiste avant tout en une perte d’authenticité. Les sentiments de colère, de haine, d’humiliation que l’on vit et que l’on fait vivre à l’autre, sont en effet des émotions toujours moins difficiles à endurer que la sensation de terreur du non-être que nous pourrions vivre si nous nous permettions de revenir au présent.

Exemple de pensées : les histoires sur les « autres » traduisent les croyances concernant comment les autres devraient ou ne devraient pas être, et surtout en quoi ils sont la cause de nos colères ou de nos blessures. Les lectures de pensées et jugements occupent une grande partie de l’espace cognitif.  Les autres sont inconsciemment observés, pour savoir ce qu’ils pensent, ce dont ils peuvent avoir besoin, ce qu’ils ressentent, et ce qu’il convient de faire pour anticiper leurs réactions. « Je suis certain qu’il pense cela de moi, voilà ce qu’il doit faire pour que je me sente bien ». « Cette personne devrait savoir…; ne devait pas … ; Il/elle est trop…ou pas assez…. j’ai besoin de cette personne pour … ; Cette personne pense que je… ; Si il/elle  cette personne voulait…, alors je pourrais…. ». Les projections sur l’autre ou les introjections de l’autre en moi s’expriment par des manques d’index de référence. « Nous aimons, nous détestons, on a l’habitude de… » et un méta programme « coopératif »

Impact émotionnel : les histoires « autres » sont caractérisées par un processus constant de comparaison du « moi » à « l’autre », avec une survalorisation ou dévalorisation de l’autre par rapport à soi. Nous pouvons ainsi passer très rapidement de la glorification de l’autre (au prix d’une dévalorisation de soi) à la glorification de soi (au prix d’une dévalorisation de l’autre). Les émotions  les plus fréquentes sont la colère (accès de rage, ressentiment, jalousie, possessivité, envie, impatience, jugement, haine), et l’affliction, (tristesse, trahison, abandon, humiliation, blessure).

Le mécanisme qui prédomine dans le rapport aux autres est le contrôle. Nous scrutons ou épions de façon tout à fait inconsciente les faits et gestes de l’autre. Comme nous attribuons aux autres le pouvoir de nous donner ou de nous ôter notre raison d’être, nous ne pouvons que les contrôler. Nous exigeons des autres de vivre au sein des limites que nous nous sommes fixées pour nous-mêmes. Nous contrôlons cet autre que nous avons si peur de perdre par une sur adaptation  (lui faire plaisir à tout prix, séduction, soumission, retrait…) ou par l’attaque (colère, humiliation, menace, injure…etc.) en fonction de la stratégie de manipulation apprise. Le contrôle est une stratégie de survie car la perte de l’autre est perçue comme une perte de soi. Du fait de la profonde dépendance de l’attention d’autrui, la moindre impression que l’autre pourrait nous négliger (manquer d’écoute ou d’attention) ou s’éloigner de nous (et ne plus nous protéger des sentiments que nous ne savons pas gérer nous-même), est vécue comme le risque de non existence, une menace qui active une peur plus ancienne (par exemple celle de l’enfant abandonnée par la mère). L’ego (la personnalité de survie) va déclencher une atmosphère de conflits avec des épisodes d’exaspération, d’énervements, de colère, de frustration. Nous pouvons ainsi maintenir le climat émotionnel de notre petite enfance, que ce dernier ait été malheureux ou destructeur. L’ego provoque ainsi bien souvent de façon tout à fait inconsciente ce qu’il redoute le plus.

Ressources : la pratique du centrage permet de revenir à ce que Richard Moss appelle « le commencement de nous-même ». Nous pouvons enfin nous voir tel que nous sommes et voir l’autre tel qu’il est, avec ses qualités et ses défauts. L’acceptation de ce qui est présent en l’autre sans vouloir le changer permet de retrouver une authentique capacité à l’empathie. Le centrage permet de relâcher cet autre extérieur en soi dont nous n’avons plus besoin pour nous compléter, et sans lequel nous pensions ne pas pouvoir vivre. Pour exister, nous n’avons plus besoin de nous sentir supérieur ou en sécurité, ni de diminuer, contrôler ou même détruire cet autre.  Etre authentique signifie accepter le risque de perdre la relation à l’autre, une relation dans laquelle nous avons projeté tant de nous-même en l’autre. La perte de l’autre ne sera par contre plus ressentie comme une perte de soi.

L’effet systémique des histoires que nous racontons

La pensée ne reste pas cantonnée dans l’une des quatre directions. Elle a certes une préférence ou une dominante qui va générer un vécu émotionnel, qui va à son tour impacter les processus cognitifs associés aux autres directions. Une histoire va conditionner une autre histoire. Selon Richard Moss, « toute histoire du moi qui crée une identité, conditionne nos autres histoires par rapport au toi, aux autres, au passé, au futur, qui à leur tour, entretiennent et rationnalisent cette identité particulière ».
Imaginons une personne qui ressent de la colère parce que l’autre n’a pas répondu à nos attentes, (en termes d’actions ou de sentiments-par exemple celui de ne pas être aimé ou apprécié…etc.). En restant centré dans le présent, cette personne peut vivre la colère comme une simple sensation sans y réagir par de nouvelles pensées (ou s’y identifier). Avec de l’ouverture, la colère peut se transformer en compassion pour nous même et l’autre. Mais si cette personne plonge dans la colère et s’y identifie  par un « je suis », le « je suis en colère» va devenir une histoire du « moi ».

Cette histoire du « moi »  va chercher à expliquer cette colère par une histoire du « toi ». La colère est alors en lien avec la croyance d’avoir été rejetée par ce « toi », par exemple un parent. L’histoire va se poursuivre par une suite de distorsions sur les causes ou les conséquences de la colère « Je suis en colère parce qu’il/elle ne me reconnait pas », et « Mon niveau d’exigence dans mes relations peut m’empêcher de réussir ma vie». L’explication « objective » des sources de la colère, donne ainsi une légitimité au blâme des autres. Blâmer l’autre de l’inconfort perçu permet de poursuivre l’identification à l’histoire du « moi ».

Ces histoires de « toi » et « moi » peuvent se compléter sur la ligne du temps. La personne peut se retourner vers son passé et retrouver l’ensemble des expériences ou elle s’est identifiée à la colère. Puis cette colère va faire l’objet de distorsions et être attribuée à une cause extérieure, par exemple le jugement d’un parent. Pour construire une croyance, il reste à généraliser l’interprétation de cet événement du passé : « Mon père m’a toujours rejeté ». Cette généralisation va alors permettre d’interpréter les événements du présent : « J’ai toujours été rejetée, et Pierre me rejette comme le faisait mon père ». Cette généralisation va également servir à imaginer les événements du futur de façon à maintenir la colère, et à expliquer les limitations qui pourront être rencontrées dans le futur du fait de cette colère. L’histoire peut devenir : « Il faut toujours être vigilant et se méfier de ceux/celles qui peuvent vous rejeter ». L’empilage d’histoires du « moi », « toi », passé et futur associé à la colère, crée un terrain fertile pour faire croître un sentiment de victime.

Jean-Luc-Monsempes-InstitutJean Luc Monsempès
A suivre..

Psycho-géographie des émotions 1

Référence : le Mandala de l’être de Richard Moss


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