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Outils et modèles pour gérer les ressentis difficiles dans les moments de leadership, par Robert Dilts, transcription de Jean Luc Monsempès

Le premier article définit ce qu’est l’intelligence émotionnelle et les compétences qui y sont associées. Le deuxième article porte sur la fonction des différents cerveaux et les formes d’intelligences qui y sont associées (intelligence cognitive, du corps et du champ), ainsi que les modes de communication appropriés. Le troisième article montre en quoi l’intelligence émotionnelle constitue une compétence clé du leader. Ce quatrième article apporte des outils et modèles PNL pour savoir accueillir et gérer les ressentis difficiles dans les moments de leadership, c’est-à-dire comment revenir à un état COACH dans les situations ou tout nous invite à un état CRASH.

Savoir réouvrir le canal de l’état COACH

Dans les moments de leadership, on a bien souvent tendance à commencer à « crasher » car quelque chose arrive du cerveau reptilien (menace, peur, frustration…etc.) On va commencer par un exercice de coaching très simple avec votre précédent partenaire pour apprendre à reconnaître que le canal commence à se fermer et pour savoir comment l’ouvrir à nouveau.

Je propose de faire une démonstration avec X, démo que je vais faire debout pour que vous puissiez mieux voir, mais qu’on aurait pu faire également assis.
Comme pour tout coaching, commençons par un contenant coach, ce qui signifie que nous nous installons tous les 3 (Robert, le sujet et la traductrice) dans un état coach.
Prenons 30 secondes pour nous centrer, ouvrir le canal pour devenir alertes et éveillés avec une conscience du corps, connectant la tête avec le corps et avec l’univers au-dessus de nous, un état dans lequel vous pouvez accueillir.  Et quand ce sera le cas, dites « je suis prêt »

Nous allons donc faire un coaching autour d’un moment de leadership, une situation dans laquelle il est possible de se crasher, car c’est souvent un moment de lutte pour rester dans sa zone d’excellence de l’état coach.
RD : X, pourrais-tu partager sur ton moment de leadership ?  Pour rappel, un moment de leadership est une situation ou une circonstance dans lesquelles nous avons à manifester un ou plusieurs talents du leadership.

X : “J’ai eu un moment de leadership pour convaincre un membre de ma famille de créer une entreprise de communication,  mais les divergences que nous vivons maintenant  m’ont amené à découvrir une envie de changer, je n’ai plus mon espièglerie et j’ai besoin de leadership pour assurer cette transition…..”
RD : Je voudrais résumer : Tu es en lutte avec une personne importante de cette entreprise car votre relation a évolué, et tu es comme déconnecté de ton espièglerie et cela affecte la relation avec cette personne. Du fait de ces luttes, il y a comme une fermeture de ton canal, car tu voudrais avoir un côté plus émotionnel avec cette personne. De plus il y a la pression de la crise économique qui accentue les luttes précédentes. Tu donnes un exemple des questions que se posait Steve Jobs “ai-je vraiment envie de faire ce que je fais aujourd’hui ?”

Je vais te demander de penser à une situation précise dans laquelle tu as eu une interaction difficile avec cette personne, en recherchant dans tes souvenirs ou en imaginant dans le futur un échange difficile. Donc une situation émotionnellement forte.
Tout en restant dans ton état coach, je vais te demander de retourner dans cette situation et d’utiliser ton imagination pour voir ou revivre cette expérience avec cette personne, voir ce qu’il y a voir, à entendre et à ressentir.
Comme nous l’avons vu, il y a une différence entre le jeu extérieur (l’autre personne, la crise dans les affaires, ce qu’a dit la personne, ses comportements) et le jeu intérieur (ce qui se passe en toi), les deux étant interconnectés. Je vais d’abord te demander de porter ton attention sur le jeu intérieur et le moment difficile, et ce qui s’est passé à ce moment en termes d’émotions ou absence d’émotion et de déconnection ?
X: Je ressens un poids important concernant la décision qui va être engagée et la responsabilité par rapport à l’appel du changement, et aussi la confrontation avec cette personne. Je ressens que cela va être une transition délicate pour laquelle je ne trouve pas de solution.
RD: X décrit la situation avec une certaine tension, parle de poids, et il semble ne pas être à l’aise. X a parlé d’émotion ou d’énergie…en parlant de poids, de lourdeur, de ressenti, d’enchaînement à cette personne. Où ressens-tu cela dans ton corps ? Au niveau du plexus ?
Donc commençons par amener la conscience de X sur le jeu intérieur qui ressemble plus à un état crash que coach.

Première étape : les questions sur l’évaluation du niveau de Centrage.

RD: Première question: “Si tu évalues sur une échelle de 0 à 10 le niveau de centrage dans la situation, que dirais-tu ?
X : 6
RD: il est important de noter que vouloir avoir 10 partout ajoute de la pression.
Seconde question: « que pourrais-tu faire pour être juste un peu plus centré dans cette situation ? »
X: Je pourrais peut être porter bien plus mon attention sur l’état interne que sur les bruits de l’environnement
RD: Donc vas-y et apporte ta conscience plus sur l’intérieur en revivant la situation.
Question 3: A quel niveau se trouve le centrage ?
X: j’ai un contrôle total du centrage avec note de 9.
RD- Question 4: quelle différence cela fait-il quand tu passes de 6 à 9 dans cette situation ?
X: Il y a du doute à 6, alors qu’à 9 je ressens que la ressource sera disponible le moment venu.
RD: Et qu’est-ce que cela change ou rend possible dans ton interaction avec cette personne ?
X J : Je peux entendre sa position comme la sienne, et non comme quelque chose qui me met dans l’indécision.
RD- Question 5 : que pourrais-tu faire pour ancrer cet état et y revenir immédiatement en cas de besoin ? Quel serait un geste ?
X : Oui c’est le geste de mes mains sur la figure.
RD : C’était la première étape et on va aller plus vite pour les suivantes. Nous n’appliquons pas une technique mais quelque chose qui peut être simple et rapide, car souvenez-vous, le pilote n’a eu que quelques minute pour changer son état interne.

Deuxième étape: questions sur l’Ouverture de l’état COAH

RD- Question 1 : quel est le niveau d’ouverture dans la situation décrite ?
X: 1 à 2 car je ne me sens pas en sécurité, pas sur de moi.
RD- Question 2 : que pourrais-tu faire pour être plus ouvert sans aller à 10, tout en gardant en tête que l’optimum n’est pas toujours le maximum. Comment être un peu plus ouvert en restant dans la sécurité ?
X: L’image que j’ai est celle du roseau qui bouge sans rompre.
RD: Donc ajoutons l’image du roseau avec cette personne dans cette situation ou le jeu extérieur reste le même.
Question 3 : qu’arrive-t-il au niveau de l’ouverture ?
X: il est passé à 6
RD : Surprenant et je n’ai pas de technique pour arriver à cela.
Question 4 : Quelle est la différence dans ton jeu interne quand tu es à 6 au lieu de 2 ?
X: Je ne me sens pas agressé car nous avons chacun notre zone « roseau ».
RD : Question 5: qu’est-ce que cela change au niveau du jeu extérieur ?
X: On rétablit la fonction du dialogue avec plus de fluidité.
RD-Question 6: quelle sera ton ancre pour aller directement au niveau 6 ?
X: L’image du bambou.

Troisième étape: questions sur “Alerte” en conscience” de l’état COAH

RD- Question 1 : quel est niveau d’alerte et de conscience dans cette situation ?
X: 0 car toute mon attention est dans la menace de mon cerveau reptilien.
RD- Question 2 : que pourrais-tu faire pour être un peu plus alerte et conscient dans cette situation ?
X: Cela a bien moins d’importance avec la présence des deux ancres précédentes, donc c’est à 3 ou 4, et j’ai une représentation moins impressionnante de mon associé.
RD: Donc si tu deviens plus conscient, ces proportions deviennent plus raisonnables.
RD-Question 3 : qu’est ce qui devient possible dans le jeu extérieur ?
X: Je retrouve de la liberté d’action, je ne suis plus enchaîné et paralysé.
RD-Question 5 : quel est ton ancrage pour être directement alerte et conscient au niveau 3 ?
X: Cela est passé à 7 avec l’image d’un oiseau qui plane.
RD : On se rapproche de ce que se demandait Steve Jobs : « ai-je envie de faire ce que je vais faire »

Quatrième étape : questions sur la Connexion de l’état COACH

RD-Q1 : Quel est ton niveau de connexion avec ton “grand moi”, ta vision, ton espièglerie et le champ ?
X: C’est la ressource qui me manque le plus et qui est à 1, car je ne peux plus me connecter au champ”
RD- Q2 : Que pourrais-tu faire dans cette situation pour être un peu plus connecté à l’esprit du champ ?
X: Ici c’est une réponse auditive.
RD- Q3 : Que se passe-t-il quand tu fais cela ?
X: les gens autour de moi sont dans leur excellence et ils ont le courage d’ouvrir leur canal et d’être connecté, donc de faire le choix de vivre cela et me dire “c’est ma vie !”.
RD : de nombreuses personnes m’ont dit « quand je gagnerais beaucoup d’argent je pourrais vivre », alors que toi tu décides de vivre maintenant
RD – Q4 : Qu’est ce qui devient possible dans le jeu extérieur ?
X: Des questions plus grandes apparaissent en même temps qu’une peur.
RD: X a parlé de courage et il n’y a pas de courage sans peur. Le courage vient d’une connexion avec quelque chose de plus grand que la peur.
RD-Q6 : Quelle est ton ancre pour te rappeler que tu peux faire ce choix « vivre ma vie » ?  Des mots, un pense bête ?
X: Ce sont les mots “sens-toi libre”
RD : Quelles seraient des images de ces différents ancrages, afin d’éviter à l’état CRASH de revenir car ces ancrages sont souvent les plus forts. Il convient donc de savoir aller à la porte comme le poète Rumi, pour accueillir les «états crash » et les inviter à rentrer.

Cinquième étape : questions sur “l’Hospitalité” de l’état COACH

RD-Q1 : Quel est le niveau de la composante « Hospitalité ? » :
X: C’est OK car l’espièglerie est de retour.
RD-Q3: Qu’est ce qui change maintenant au niveau de l’hospitalité ?
X: C’est comme si l’aspect de gravité disparaissait, et je suis alors dans le choix et les choses deviennent facile.
RD: Vous pouvez noter que nous avons travaillé uniquement à partir du « jeu intérieur » du « problème » de X. Mon travail de coach consiste à amener la conscience sur le « jeu intérieur », à poser la question pour en changer la perception, et à observer ce qui émerge et ce que cela change.
Les images apparaissent, pas seulement parce qu’on pose la question, mais parce qu’on maintient le champ relationnel. Mon travail est de croire en mon coaché et de laisser les choses venir. Il n’est pas nécessaire de tout comprendre cognitivement de la situation décrite par X. Pour guider les autres, le leadership commence par un leadership de soi.

Pour l’exercice, il convient de démarrer dans un état coach, trouver un moment de leadership (une situation précise) et d’amener la conscience sur jeu intérieur et extérieur (et non pas sur les généralités d’un problème global.) Si vous vous connaissez suffisamment pour garder ouvert le canal de votre état coach et rester dans votre zone d’excellence, quelque chose de bon va arriver.

Rappel des questions pour ouvrir le canal des composantes de l’état COACH

Pour chaque élément de l’état de COACH explorez les étapes suivantes :
Niveau initial : sur une échelle de 1 à 10, quel niveau de ressenti attribuez-vous à cette composante ?
Ressource : que pourriez-vous faire pour accroître le niveau « juste un peu » ? (par des ressources physiques, verbales, visuelles, des expériences de référence, une expérience personnelle ou celle d’un modèle, ou en faisant « comme si », etc.).
Impact sur le jeu intérieur : à quel niveau se trouve maintenant cette composante ?  Quelle différence cela fait-il sur le jeu intérieur quand tu passes de … à …?
Impact sur le jeu extérieur : Qu’est-ce que cela change ou rend possible dans ton jeu extérieur ?
Ancrage de la composante : que pourrais-tu faire pour ancrer ce degré de ressources afin de pouvoir l’utiliser la prochaine fois que vous vous trouverez dans cette situation ?

Commentaires
Sans ancre, nos expériences ne peuvent devenir des ressources pour nous rapprocher de notre zone d’excellence. Par exemple avec X, l’oiseau est une ressource et un ancrage. Avec la PNL, nous considérons que chacun possède des expériences qui peuvent servir de ressources, le problème étant qu’ils ne savent pas y accéder et les ancrer. De nombreuses personnes vivent également des expériences positives sans les nommer « ressource ». Nos ressources viennent par exemple, d’une expérience de référence, de modèles tels que S. Jobs, de symboles qui ont une signification archétypale, ou dans l’imaginaire en faisant « comme si » nous avions la ressource souhaitée.
Sans ancre les expériences ne peuvent constituer des ressources. Nous avons donc besoin de connecter les expériences ressources à des ancres. Et parfois nous accédons en même temps aux ressources et à l’ancrage.

Comment créer une maison d’hôte

L’intelligence émotionnelle comporte la capacité à accueillir l’état émotionnel dans une « maison d’hôte », un environnement d’«équanimité» (qui fait de la place). Donc comment créer cette maison d’hôte qu’évoque le poète Rûmi, comment créer de l’espace pour accueillir les émotions difficiles, découvrir leur intention positive et transformer l’émotion en quelque chose de plus intégré. Nos émotions ont en effet des intentions positives, comme le montrent les exemples suivants :

Emotions Exemples d’intentions positives
PeurSe protéger
ColèrePoser ses limites, se défendre et défendre les autres
TristesseLibérer
FrustrationMotiver

Nos sentiments difficiles ont surtout besoin d’être accueillis. Cet accueil permet aux sentiments de passer d’un état de contraction et de séparation, à un état de relaxation et de connexion. Au lieu de chercher à se débarrasser des sentiments difficiles, il convient plutôt d’entrer en relation avec eux d’une manière qui leur permette de se transformer. Nous récupérons ainsi l’énergie dépensée à éviter le sentiment difficile, ce qui nous permet d’être plus pleinement présents et disponibles pour entrer en relation avec ce qui se passe dans le moment présent.
La thérapeute familiale Virginia Satir posait deux questions à ses clients. La première était : « Qu’est-ce que vous ressentez ?». Le client pouvait par exemple répondre qu’il se sentait en colère, triste, effrayé, coupable, ou tout autre ressenti difficile. Puis Virginia posait une deuxième question : « Comment vous sentez-vous par rapport au fait de ressentir cela ? ». C’est la réponse à cette deuxième question qui détermine en grande partie l’impact du premier ressenti et le sens qui lui sera attribué. Ressentir de la curiosité ou du plaisir par rapport au fait de se sentir en colère est très différent que de se sentir coupable ou frustré par rapport au sentiment de colère. Ce sont ces seconds sentiments qui déterminent la facilité et la qualité avec lesquelles nous parvenons à rester présent et à accueillir les premiers sentiments.
Le but de cet exercice est de vous aider à découvrir et à mettre en oeuvre les ressources nécessaires pour rester présent et accueillir des sentiments difficiles qui peuvent émerger et vous éloigner du moment présent. Le problème n’est donc pas de ressentir une émotion, mais de la reconnaître en portant un jugement sur cette dernière.

Leadership et intelligence émotionnelle

Démonstration : reconnaître l’émotion et l’accueillir sans jugement

Comme toujours, nous démarrons tous dans l’état COACH en ancrant les pieds, en nous redressant selon un axe vertical, en nous centrant dans le ventre,  en ouvrant la poitrine et notre canal de conscience  qui nous connecte à la terre et au ciel, en nous connectant à un espace plus vaste que soi, à notre boussole intérieure et à notre capacité à accueillir ce qui émerge.
RD : X m’a parlé du moment de leadership sur lequel travailler.
X : C’est me sentir à la hauteur devant un chef d’entreprise car plus sa position est importante dans l’entreprise, plus je me sens timide.
RD : Donc tu rencontres des personnes avec lesquelles tu partages, mais plus l’entreprise est grande, plus tu as le sentiment de rétrécir. On va donc créer une maison d’hôte pour accueillir ce ressenti.
Je te propose de faire deux pas en avant (Espace 1) pour retrouver une expérience de référence concernant ce que tu as décrit du jeu extérieur (la rencontre avec une personne importante de l’entreprise) et du jeu intérieur (ce qui se passé en toi). Quels serait un exemple de cette situation dans laquelle deux personnes se rencontrent dont l’une des deux est critique ? Comment cette critique s’exprime-t-elle ? Comment est-elle dirigée vers toi ?
X : C’est comme choc au plexus, quelque chose qui me percute et me jette en arrière.
RD : Dans cette situation il y a une énergie avec quels ressentis ?
X : Je me sens stupide et je cherche quelque chose d’intelligent à dire et plus je cherche et moins je trouve, et j’ai peur de rater un marché.

RD : Donc c’est quelque chose de cognitif qui entraîne la peur de rater un marché. La première chose est de dire bienvenu à cette sensation, la reconnaître sans jugement.
Je te propose de faire un pas en arrière (Espace 2). Comment tu te sens à propos de toi-même dans cette expérience ?

X : Je me dis que cela n’est pas dramatique et qu’il convient de lâcher quelque chose.
RD : et ce que tu te dis s’accompagne de quel ressenti négatif ? Il y a souvent de multiples ressentis à propos du premier ressenti. Par exemple la colère et la frustration. Et toi ?
X : il y a de la colère envers moi.
RD : On va accueillir la colère dans la maison d’hôte, sinon elle devient l’éléphant qui occupe toute la place.
X : Je me sens stupide et comme envahi dans mon espace ou mon territoire personnel.
RD : Colère à propos de quoi ?
X : une colère vis-à-vis de moi et de la perte de mes moyens.
RD : Il y a donc un jugement « je suis stupide d’avoir perdu mes moyens.» Le pilote disait « j’avais peur mais restais calme à propos de la peur et je ne me sentais pas stupide d’avoir peur ». Il n’est pas grave de se sentir stupide si on sait créer un espace pour accueillir cela. L’autre ressenti évoqué est celui d’être envahi. Comment expérimentes-tu cela ?
X : C’est comme si je ne pouvais plus respirer ou retrouver mes esprit.
RD : X nous décrit une réaction crash très reptilienne. Pour être émotionnellement intelligent il faut être capable d’accueillir tous les ressentis invités. Y a t-il d’autres ressentis ?
X : Il y a la colère et la tristesse car j’imagine toujours que ce sont des gens qui en savent plus que moi.
RD : D’un point de vue PNL, nous notons que ton regard va vers le haut en disant « j’imagine » Mais comment est cette image ?
X : C’est une image de position sociale.
RD : Comment expérimentes-tu cette position sociale ? Quelle conscience as-tu de cette position sociale ?
X : J’imagine que ces gens ont beaucoup plus de pouvoir intellectuel et matériel que j’en ai ?
Rd : comment fais-tu pour voir les personnes ainsi ?
X : C’est par le regard et la distance.
RD : Il y a donc beaucoup de chose à accueillir, car nous avons recherché tous les visiteurs.

Maintenant, je te propose de faire un pas de plus en arrière (Espace 3) en te rappelant que tu es beaucoup plus que tous ces différents invités et que tous ces ressentis à propos des premiers ressentis (se sentir stupide et la peur de rater un marché)
De ta zone d’excellence tu peux observer tous ces événements et ressentis que tu viens de décrire. Dans l’espace 1 tu es comme prisonnière de ton cerveau reptilien mais dans l’espace 3 tu es beaucoup plus que cela.  Ici je t’invite à accéder à ce grand soi puis de t’ouvrir pour laisser venir les ressources qui te permettent de rester connecté avec ton grand soi.
X : Oui j’ai eu ce type d’expérience de référence de connexion ou tout s’est bien passé.
RD : Comme il est important de créer un ancrage pour cette ressource, quel symbole ou geste te permettrait de rester connecté à cette ressource du grand moi ?
X : c’est un ressenti de fluidité dans le coccyx et le sommet du crâne dont le symbole serait de me voir entourée de bleue, et le comportement serait de respirer en mettant la main derrière l’oreille.
RD : Donc tu peux respirer dans le rachis, nager dans le bleu et amener tout cela dans la sensation d’être stupide (espace 2), sans juger ou attaquer ces sentiments, mais en cherchant leur intention positive. Il est bien plus utile de laisser un espace aux ressentis (se sentir stupide et peur) que de chercher à s’en débarrasser. Que se passe-t-il quand tu arrives à rester présente  dans l’espace 2 ?
X : Je reste en contact avec mon intelligence cognitive
RD : X dit que ces ressentis (Se sentir stupide et en colère) la maintiennent dans cerveau reptilien et mammifère et qu’il est normal de de sentir petite. Mais en restant présente dans son grand moi, ce n‘est plus un problème. Elle n’a plus besoin de les combattre, les nier ou chercher à s’en débarrasser.
RD : Maintenant, faisons un pas de plus pour retourner dans l’espace initial (Espace 1) avec les ancrages de ton grand moi, là où il y avait le premier ressenti (rétrécissement au niveau du plexus). Que se passe t- il ?  Le pilote disait qu’il ressentait de la peur et du calme en même temps, Et toi ?
X : Je ressens de la peur et j’ai conscience d’être petite et grande en même temps, et je ressens de la tristesse et la joie en même temps, j’ai conscience d’être ici et ailleurs en même temps.
RD : Et qu’est ce qui devient possible avec cela ?
X : Tout devient fluide comme si il y avait une connexion entre les deux cerveaux humains.

RD : Donc tu n’es plus dans cette hiérarchie sociale et c’est bon de savoir que tu peux faire cela ! Donc si on transforme le jeu intérieur, on change quelque chose dans le jeu extérieur
Quelle est ta perception de la situation maintenant ?
X : C’est une prise de recul
RD : Et en termes de comportement ?
X : En rendant visite à mon état COCH, je peux réagir en répondant avec mon coeur sans barrière et sans me sentir agressée, avec confiance et sécurité intérieure, ce qui me permet une écoute des autres.
RD : c’est important de terminer en se rappelant de cet ancrage.

Conclusions guidées

Pour terminer cette journée je vous propose de prendre un moment pour retrouver vos façons d’accéder à votre zone intérieure d’excellence, à un espace assez grand pour accueillir tous vos apprentissages d’aujourd’hui, vos interrogations.  Quand vous pouvez vous reconnecter à cet état de centrage, d’ouverture, à cet espace de confiance, de facilité… retrouver ce lieu de connexion à votre grand moi qui est toujours présent… et se rappeler comment s’y connecter … sachez que quelque chose de bon va se produire.

Et en faisant cela… vous pouvez amener votre conscience sur votre niveau de conscience, juste maintenant. Y-a-t-il une manière d’être juste un peu plus centré ?  A quel niveau d’ouverture êtes-vous maintenant ? Que pourriez-vous faire pour être juste un peu plus ouvert maintenant ? Et quel est votre niveau de conscience et de votre état d’alerte ? Et que pourriez-vous faire pour être juste un peu plus conscient ? A quel niveau de connexion êtes-vous ? Et que pourriez-vous faire pour être juste un peu plus connecté ?  Et à quel niveau êtes-vous pour accueillir et rencontrer ce qui est présent ?  Qu’est-ce qui pourrait vous aider à être juste un peu plus prêt ? Je n’en suis pas sûr… mais vous pourriez découvrir que vous êtes presque aussi centré, presque aussi ouvert, presque aussi alerte, presque aussi connecté et presque aussi prêt à rencontrer ce qui est présent et ce qui arrive, et je suis sûr que vous le découvrirez demain matin à 9H30.

Rappel du processus : “accueillir des ressentis difficiles”

1. Identifiez une situation précise dans laquelle vous ressentez un sentiment difficile (K1). Choisissez un espace au sol (espace I) pour le ressentir pleinement.

2. Quittez l’endroit (espace 1) où vous ressentez le sentiment difficile K1, et changez votre état par un état séparateur (bouger vos bras et jambes, tourner sur place, sautiller, etc…).

3. Faites un pas en arrière (dans l’espace 2) et regardez-vous ressentant le sentiment difficile K1. Quel ressenti (K2) avez-vous à propos de K1? Comment vous sentez-vous par rapport au fait de le ressentir K1 ? Quelle est votre relation avec ce sentiment K1 et avec vous-même lorsque vous le ressentez ?

4. Faites encore un pas en arrière (dans l’espace 3). Développer et ancrer un état COACH capable d’accueillir le ressenti K2 avec plus d’amour, de respect et de ressources.

5. Faites un pas en avant, en maintenant votre ancre d’état COACH, pour retourner dans l’espace 2 (celle de l’observateur). Remarquez ce qui change dans votre perception et votre attitude envers le ressenti difficile K2 et envers le « vous-même » qui ressent ces sentiments dans la situation difficile de départ.

6. Revenez maintenant à l’espace 1 de la situation dans laquelle vous ressentiez le sentiment difficile K1, tout en maintenant l’ancre de votre état COACH et des ressources qui y sont associées. Comment vous sentez-vous maintenant par rapport à ce ressenti difficile ? Qu’est-ce qui change dans votre capacité à l’accueillir ?

robert-dilts-institut-repere-pnl-OLDRobert DILTS est depuis les années 1975 un des principaux chercheurs et développeur de la programmation neuro-linguistique (PNL) et de ses applications aux domaines de la santé, de l’éducation et des affaires. Robert Dilts est un écrivain, coach, consultant et chercheur de renommée internationale. Ses techniques sur les stratégies, les systèmes de croyance, la PNL “systémique”, le Ré-imprinting, l’Intégration des croyances en conflit, “Sleight of Mouth Patterns”, et son modèle des niveaux logiques, ont connu une large diffusion. Ses derniers travaux sur la PNL de 3ème génération concernent la communication, l’apprentissage et le changement aux niveaux de l’identité, de la mission et de la vision. Les applications en sont génératives et systémiques et s’adressent autant à la croissance des individus que des organisations.Robert Dilts

Sources : Transcription par JL. Monsempès d’un extrait de la formation de Robert Dilts de juin 2013 à l’Institut Repère sur l’Intelligence émotionnelle. Lire l’ensemble des articles

Leadership et intelligence émotionnelle 1/4- une définition de l’intelligence émotionnelle
Leadership et intelligence émotionnelle 2/4 – les trois cerveaux et leur formes d’intelligence
Leadership et Intelligence émotionnelle 3/4 – les trois cerveaux et leur formes d’intelligence
Leadership et intelligence émotionnelle 4/4 – gérer les ressentis difficiles dans des moments de leadership


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